L'INNOVATION SE JOUE À L'ÉCHELLE DE L’ÉCOSYSTÈME

L’idée du génie solitaire qui invente seul dans son laboratoire ou dans son garage est très éloignée de la réalité de l’innovation. Produit de la rencontre des idées et des compétences, elle nécessite des infrastructures, différents acteurs, une certaine culture et, au final, tout un écosystème.

Un système complexe

Selon l’encyclopédie Universalis, le terme écosystème semble avoir été proposé pour la première fois par Arthur George Tansley (1871-1955) en 1935, dans un article publié par la revue «Ecology». Ce botaniste britannique expliquait dans son texte que «la notion la plus fondamentale est [...] la totalité du système [...] incluant non seulement le complexe des organismes mais aussi tout le complexe des facteurs physiques [...], les facteurs de l'habitat au sens large [...]. Les systèmes ainsi formés sont [...] les unités de base de la nature [...]. Ces écosystèmes [...] offrent la plus grande diversité de type et de taille.»

Un écosystème comprend ainsi un lieu, mais aussi les êtres vivants qui y vivent, ainsi que toutes les relations qui peuvent exister et se développer à l'intérieur de ce système. C'est une combinaison complexe et dynamique de plantes, d’animaux, de micro-organismes et de leur environnement naturel.

Importé dans le vocabulaire des affaires et appliqué à l’innovation, le terme écosystème enracine dans un lieu un ensemble d’acteurs: organisations de supports, entreprises, start-up, universités, investisseurs, etc., dont la qualité des interactions (transfert de technologie, investissements, recrutements, etc.) détermine celle de l’ensemble. Exactement comme dans un écosystème biologique.

Connexion globale et enracinement local

La caractéristique la plus marquante d’un écosystème d’innovation est d’être à la fois global et local. Il s’alimente de processus globaux tels que la recherche scientifique en tant que source de découvertes, les processus d’innovation en tant que sources de technologies et d’idées (par exemple au travers de la propriété intellectuelle, de la veille technologique, du recours à d’autres technologies, etc.), ainsi que de la mobilité des talents. En aval, les débouchés de l’innovation sont le plus souvent le marché global. D’autant plus que le marché vaudois et même suisse restent limités, même si leur richesse relative et leur sophistication facilitent les tests.

Mais en même temps, un écosystème d’innovation s’enracine dans un lieu précis, car ce sont les humains et leurs réseaux interpersonnels qui font un écosystème. Et le bon fonctionnement des réseaux humains, malgré l’avènement des technologies de communication, reste très affecté par la distance.

Les écosystèmes fonctionnels sont également relativement denses et focalisés, comme la Silicon Valley pour les technologies de l’information, la route 128 à Boston pour les sciences de la vie, mais aussi Londres pour les fintech ou Shenzhen pour le hardware informatique.

«Les débouchés de l’innovation sont le plus souvent le marché global»

Un modèle simplifié

Dans le cadre de cette étude, un modèle simplifié a été retenu pour l’analyse de
l’écosystème vaudois de l’innovation et la comparaison avec d’autres écosystèmes. Ce modèle propose un découpage en six thèmes.

La recherche et développement: la principale source de nouvelles idées et de nouvelles technologies

Le transfert de technologie: l’étape-clé sans laquelle une idée ne pourrait pas devenir une innovation

Les entreprises: les principaux véhicules pour concrétiser une innovation et amener une idée sur le marché

Le financement: un ingrédient-clé de partage du risque pour lancer les projets les plus risqués

Les compétences et la culture: probablement l’ingrédient le plus important, tant l’innovation est le fait des humains qui la portent

Les conditions-cadres: parce que tous les acteurs opèrent dans un lieu gouverné par des règles et inséré dans un contexte géopolitique donné.

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