Pas de financements sans revente de sociétés

La dynamique des mises en bourse ou des reventes de sociétés constitue un indicateur de la vitalité d’un écosystème d’innovation. Il s’agit d’un paramètre central pour attirer des financements, car ces transactions financières sont une condition absolument nécessaire pour que les investisseurs puissent retrouver leurs apports.

Si les «business angels» et les acteurs du capital-risque s’intéressent à l’innovation, c’est surtout pour les rendements potentiels de cette classe d’actifs. Cette question est intimement liée aux possibilités de sortie lors d’une vente pour que ces investisseurs puissent retrouver leurs fonds.

Des premiers signes encourageants

Historiquement, les sorties issues des sociétés du canton sont plutôt des événements isolés. Il n’était pas rare, certaines années, de ne voir aucune vente ni aucune mise en bourse.

Cependant, depuis environ cinq ans, la dynamique s’est significativement accélérée dans la région. Le canton s’approche ainsi d’un rythme de dix sorties annuelles.

Un rythme de rachat de start-up régulier se met en place dans le canton

Rien n’indique, bien sûr, que les conditions obtenues étaient bonnes. Malgré cela, si l’on considère que le nombre de nouvelles start-up dans le canton - projets financés par des investissements externes - se situe autour d’une quarantaine par année, ce taux de sortie de 1 pour 4 projets financés n’est pas si mauvais. Le système n’est cependant pas à l’équilibre: le nombre de sorties est certainement amené à augmenter encore.

«Le canton s’approche d’un rythme de dix sorties annuelles»

Les investisseurs amènent les repreneurs

C’est évidemment une très bonne nouvelle, car elle concrétise la qualité des dossiers et constitue un signal clair aussi bien pour les investisseurs que pour les repreneurs. Comme pour les investisseurs, les projets du canton attirent déjà des repreneurs des quatre coins du monde. Et c’est en partie logique, car le repreneur est issu, le plus souvent, des réseaux amenés par l’investisseur.

Huit start-up vaudoises reprises sur dix le sont par une société étrangère

 

Cette ouverture offre des possibilités aux entrepreneurs du canton, mais cela pose aussi la question de la pérennité des emplois quand une société est reprise par un acteur étranger.

Un impact global positif sur l’emploi

La question des places de travail est assez fondamentale pour déterminer s’il faut, ou non, soutenir l’activité d’investissement d’acteurs étrangers. Pour y répondre, l’équipe de projet «Vaud Innove» a analysé les données des reprises de start-up intervenues au cours des dix dernières années dans les sociétés du portefeuille de la Fondation pour l’innovation technologique, ainsi que l’impact de ces reprises sur les emplois dans la région (vue à fin 2018).

Au global les reprises d'activité ont plutôt un impact positif sur l'emploi dans le canton

L’échantillon, restreint, inclut onze situations en dix ans sur un portefeuille d’environ 150 dossiers actifs. Il est donc difficile de tirer des conclusions définitives. Ces données tendent toutefois à renforcer les perceptions de l’équipe de projet. A commencer par le fait que l’impact global sur l’emploi est positif.

«La question des places de travail est assez fondamentale pour déterminer s’il faut, ou non, soutenir l’activité d’investissement d’acteurs étrangers»

Les sociétés deeptech restent

L’autre observation, tendanciellement confirmée par ces données, est que les projets dissous ou déplacés après une reprise ont des caractéristiques récurrentes. Le premier cas type résulte de la volonté du repreneur d’acquérir un brevet, sans réel intérêt à développer la technologie ou le projet de la start-up. C’est souvent le cas d’un projet dans les sciences de la vie, qui n’emploie guère plus de cinq personnes.

Les sociétés fermées semblent avoir un profil différent

Le second cas type est celui de la reprise d’un projet logiciel. Dans ce cas, c’est souvent le bassin de compétence ou les réseaux de recrutement du repreneur qui amène à relocaliser le projet ou les équipes.

Au final, les projets qui résistent le mieux et créent le plus d’emplois à ce stade sont ceux qui, à la fois, exploitent une technologie avancée avec des brevets ou un savoir-faire spécifique, et qui sont déjà avancés dans la commercialisation au moment de la reprise.

Toujours en attente des premières entrées en bourse

Il reste que l’essentiel des sorties dans la région est constitué de revente à une autre société, ce qui présente toujours le risque d’un arrêt soit du projet, soit de la vision stratégique des fondateurs.

La vente de gré à gré est le chemin de sortie le plus pratiqué pour les investissments dans les start-up du canton

Ces dix dernières années, très peu de start-up du canton sont entrées en bourse. Seule AC Immune a franchi le pas en 2016, si l’on exclut la récente entrée en bourse de Bicycle Therapeutics, un projet essentiellement anglais malgré ses liens avec l’EPFL. Cela pourrait toutefois bientôt changer avec la nouvelle génération de projets et d’entrepreneurs qui émergent. On citera les exemples de sociétés comme Nexthink (cybersécurité), Sophia Genetics (informatique médicale) ou Beqom (logiciels de ressources humaines), qui se profilent comme des candidats à une future cotation. On ajoutera évidemment ADC Therapeutics, basée au Biopôle à Epalinges, qui vient de déposer un dossier au New York Stock Exchange sous le ticker «ADCT».

«Ces dix dernières années, très peu de start-up du canton sont entrées en bourse»

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