L’INNOVATION VAUDOISE, UN TERREAU FERTILE POUR L’INVESTISSEMENT

L’accès aux capitaux figure parmi les paramètres indispensables à la viabilité de tout écosystème centré sur l’innovation. Avec un flux de fonds en nette augmentation depuis cinq ans, le canton de Vaud fait désormais partie des régions à fort potentiel.

La santé d’un écosystème résulte d’un nombre important de facteurs contribuant à une bonne dynamique de l’ensemble. Parmi ces derniers, l’accès aux capitaux est de toute première importance. Il ne saurait évidemment y avoir un seul élément moteur dans le développement d’un écosystème d’innovation; cependant, tout comme celles liées à la disponibilité des talents, les questions de financement jouent un rôle déterminant.

Un écosystème vaudois en pleine croissance

Les start-up vaudoises attirent de plus en plus de capitaux. Ces cinq dernières années, plus de 1 milliard de francs ont été investis au total dans ces structures. Les levées de fonds sont ainsi de plus en plus fréquentes, avec une croissance moyenne en nombre qui dépasse les 10% par an depuis 2015.

Les start-up du canton attirent de plus en plus de fonds

La progression que l’on a également observée dans les levées de fonds de taille importante - au-dessus de 10 millions de francs - démontre l’attractivité des projets de la région. Surtout, cet argent permet d’accélérer le développement des sociétés, ce qui aboutit, le plus souvent, à la création de nouveaux emplois. La taille de ces projets et des levées de fonds est en nette augmentation.

«Les start-up vaudoises attirent de plus en plus de capitaux»

Vaud et Zurich, des dynamiques différentes…

Seules deux régions en Suisse exercent un tel attrait auprès des investisseurs: les cantons de Vaud et de Zurich, sites d’implantation des deux Ecoles polytechniques fédérales.

Les startups du canton de Vaud sont celles qui ont levé le plus de fonds en Suisse depuis 2012

 

Si Zurich enregistre un plus grand nombre de tours de financement depuis 2012, Vaud occupe la première place en termes de montants cumulés sur la période. La vitesse de croissance est néanmoins à l’avantage du pôle zurichois, qui se place parmi les régions les plus dynamiques en comparaison internationale.

En nombre de tours, la croissance tourne à l'avantage du pôle zurichois

 

Plusieurs raisons expliquent la différence entre ces deux régions, à commencer par leur importance économique.

… et des profils spécifiques

Les secteurs d’activités apportent également un élément de réponse. Durant la dernière décennie, le pôle lémanique s’est fortement développé dans les sciences de la vie au sens large, à savoir les technologies médicales, les biotechnologies et, plus récemment, l’informatique de la santé.

Les tours de financement des startups vaudoises sont plus gros et avec une forte concentration dans les sciences de la vie

De son côté, Zurich s’est fortement spécialisée dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), notamment dans le secteur des logiciels. Cette évolution a certainement été favorisée par la présence des centres de recherches de deux géants mondiaux du domaine, IBM et Google.

Les sciences de la vie demandent des levées de fonds plus importantes que dans l’informatique. Cela explique la légère avance du canton de Vaud au niveau des montants. Et comme les projets s’avèrent moins nombreux, les montants totaux sont plus variables d’une année à l’autre. La raison en est qu’ils sont fortement influencés par quelques tours de grande taille, comme on a pu le voir avec ADC Therapeutics (études cliniques sur le cancer), qui a levé 197 millions de francs en 2017 et 100 millions en 2019. Résultat: même si l’innovation vaudoise comporte une composante informatique de plus en plus marquée, avec des sociétés comme Bestmile (gestion de la mobilité des réseaux de transport) ou Gamaya (système de gestion agricole ou «agritech»), sa dynamique en matière de financement reste dominée par les caractéristiques plus fluctuantes des projets dans les sciences du vivant.

«Durant la dernière décennie, le pôle lémanique s’est fortement développé dans les sciences de la vie au sens large»

Des signes de maturité évidents et une attractivité globale

Dans le domaine du soutien financier aux jeunes pousses, le relais des sociétés de capital-risque est d’une importance aussi cruciale que les capitaux de démarrage investis par les premiers investisseurs. Au rang des sociétés qui financent la deuxième phase de croissance des start-up, on note la présence croissante d’investisseurs de classe mondiale dans les différentes levées de fonds. Ces financiers sont attirés par la qualité des projets et des entrepreneurs de la région.

Les capitaux alimentant les projets du canton sont commandés majoritairement par des investisseurs extra-européens

 

Une part importante des ressources financières mises à disposition des projets de la région est ainsi d’origine étrangère, ce qui permet d’ouvrir des portes au-delà des frontières du canton ou du pays, tant en termes de réseaux que de marchés. Cette forte présence des investisseurs étrangers, toute positive qu’elle soit pour l’attractivité de la région, présente également le risque de voir se déplacer hors de Suisse une partie des retombées économiques. Mais à ce stade, l’analyse des reprises de sociétés durant les dix dernières années montre plutôt que la présence d’investisseurs globaux dans la région a eu un impact bénéfique.

«Une part importante des ressources financières mises à disposition des projets de la région est d’origine étrangère»

Encore du chemin à parcourir

L’essor du financement de ses projets et de ses start-up, bien que très positif, n’est en rien spécifique au canton de Vaud. Il le positionne pour l’instant dans la moyenne basse des écosystèmes basés sur l’innovation, aux côtés d’autres bien plus avancés et à la croissance logiquement plus modeste.

Le niveau d’activité des investisseurs privés, indicateur de maturité d’un écosystème, est en augmentation, mais il demeure également en retrait par rapport à ce que l’on observe à Zurich, par exemple.

Si le canton de Vaud, avec ses particularités, a trouvé sa place sur la carte de l’innovation et s’il bénéficie d’une évolution très positive depuis plusieurs années, il lui reste encore du chemin à parcourir.

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