Comparaison internationale

La culture d’entreprendre est souvent perçue comme le talon d'Achille de la Suisse en comparaison avec des régions comme la Silicon Valley ou Israël. La réalité est plus nuancée, car la Suisse romande hérite d’une culture qui reflète son contexte particulier.

Comparaison n’est pas raison. Il faut savoir garder une certaine distance critique, en particulier quand on compare des places de taille très différentes. Mais se comparer permet malgré tout de mettre en lumière les spécificités de la région et aussi d’identifier des zones potentielles d’amélioration ou des sources d’inspiration.

Comme introduit précédemment, la comparaison se focalise sur huit écosystèmes et reprend comme point de départ les données détaillées du Global Innovation Index. Si la Suisse se classe numéro 1 globalement, elle occupe le 7ème rang sur la thématique compétences et culture, derrière la Suède, Israël ou Singapour.

«Il faut savoir garder une certaine distance critique, en particulier quand on compare des places de taille très différentes»

Une part importante de l’économie du savoir

Le premier constat est que, comparativement aux autres pays sélectionnés, la Suisse dispose déjà d’une part importante de ses emplois dans l’économie du savoir, dans des fonctions à haute intensité de connaissances.

Si elle n’est probablement pas totalement étrangère à ce premier constat, tout en s’expliquant aussi par la petite taille du pays, une autre caractéristique importante de la Suisse réside dans le niveau d’ouverture de son système d’éducation supérieure aux talents extérieurs.

La Suisse se distingue au niveau de l'éducation supérieure

Les autres écosystèmes ont aussi leurs forces respectives. La Suède et les Etats-Unis ont, par exemple, une part d’emplois de recherche plus importante que la Suisse dans le secteur privé. Le système académique allemand est, quant à lui, très orienté sur les filières techniques. Et la participation des femmes aux emplois à forte valeur ajoutée est plus forte en Israël, aux Etats-Unis et en Suède.

«La participation des femmes aux emplois à forte valeur ajoutée est plus forte en Israël, aux Etats-Unis et en Suède»

Un potentiel au niveau des meilleurs

L’étude sur l’entrepreneuriat conduite au niveau mondial par le Global Entrepreneurship Monitor (GEM) constitue une autre source très intéressante pour le thème culture. Le rapport pour la Suisse est supervisé depuis plusieurs années par le professeur Rico J. Baldegger, de la Haute école de gestion de Fribourg. Cette étude couvre la plupart des pays du monde et présente, pour une partie de ses indicateurs, des résultats spécifiques pour la Suisse romande.

L'appétit d'entreprendre des Romands

 

Premier élément marquant: sur plusieurs dimensions ayant trait à l’appétit ou à la perception d’opportunité ou de statut social, la Suisse romande est très proche, voire au niveau de places d’innovation leader comme Israël ou les Etats-Unis. La comparaison reste cependant difficile, car les Etats-Unis, pris dans leur ensemble, englobent plusieurs régions fortement tournées vers l’innovation, mais également des régions - nombreuses - qui le sont beaucoup moins.

Ces données tendent aussi à démontrer que la modestie des Suisses n’est pas une légende. La perception qu’ont les Romands de leur propre capacité d’entrepreneuriat est clairement en retrait par rapport aux autres écosystèmes. En revanche, la peur de l’échec est une fausse idée reçue. Les Romands ne se distinguent ni positivement ni négativement des autres places sur ce plan.

Un niveau d’entrepreneuriat qui reste encore en retrait

Mais la résultante reste en retrait. Les intentions, ainsi que le taux de passage à l’acte, se situent en dessous de la plupart des autres écosystèmes. Et au niveau suisse, rien n’indique que la situation est en train de changer. Ce taux est plutôt stable dans un environnement où les autres pays avancés progressent globalement.

Relevons que cet indicateur couvre l’ensemble de l’activité entrepreneuriale. En Suisse, la part de l’entrepreneuriat basé sur la science est comparable aux autres écosystème observés, soit aux alentours de 30%.

Le niveau d'entrepreneuriat en Suisse reste globalement en retrait des autres économies développées 

Ce manque de concrétisation reflète des dimensions qui n’apparaissent pas directement dans les indicateurs analysés. En premier lieu la bonne santé de l’économie et, par ailleurs, la sécurité de l’emploi élevée en Suisse, qui concourent à offrir des choix de carrière intéressants et sûrs aux citoyens du pays.

«Au niveau suisse, rien n’indique que la situation est en train de changer»

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